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 La Nouvelle Évangélisation

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مُساهمةموضوع: La Nouvelle Évangélisation   La Nouvelle Évangélisation Icon_minitimeالجمعة أغسطس 20, 2010 6:10 pm


Avant d’aborder la nouvelle évangélisation il est intéressant de voir
comment se trame la planification de ce complot et comment se poursuit la
réalisation, en passant d’un dirigeant à un autre, tel un legs qu’on passe
de père en fils. C’est à Vatican II, en 1965, que fut décrétée l’inhumaine
et provocante décision d’évangéliser le monde, ce qui veut dire : extirper
toutes les autres religions et croyances, à commencer par l’Islam, pour
imposer le christianisme vaticanais. Affaire qui semble être une question de
vie ou de mort pour l’Église.

A part quelques restreints synodes, depuis 1965 pour mettre ce décret en
pratique, en 1974 eut lieu un grand Synode sur l’évangélisation, qui se
prolongea durant un mois, ayant pour thème : l’évangélisation dans le monde
contemporain, au cours duquel 67 thèmes théologiques et pastoraux furent
débattus. Un an plus tard, Paul VI, tel un chef d’orchestre qui donne le La,
publiait son exhortation apostolique « Evangelii Nuntiandi », considérée
comme le plus grand texte pontifical du XXe siècle, car il met en pratique
un des principaux décrets de Vatican II, cristallise sa mission théologique
et pastorale, ainsi que l’entrée de l’Eglise dans le 3e millénaire, pour
faire face à cet état d’apostasie au cœur de la pratique sacramentelle, en
appliquant la méthodologie de l’intégration dans le second chapitre intitulé
: « Qu’est-ce que évangéliser ? ».

Dans le premier numéro de ce second chapitre Paul VI précise que les
éléments variés, essentiels et complémentaires de l’évangélisation « se
situent, au fond, dans la ligne de ceux que le Concile Vatican II nous a
transmis, surtout dans les Constitutions Lumen gentium, Gaudium et spes et
dans le Décret Ad gentes » (EN, 17). Dans le dernier numéro de ce même
chapitre (EN, 24), Paul VI affirme : « L’évangélisation, avons-Nous dit, est
une démarche [un processus] complexe, aux éléments variés : renouveau de
l’humanité, témoignage, annonce explicite, adhésion du cœur, entrée dans la
communauté, accueil des signes, initiative d’apostolat. Ces éléments peuvent
apparaître contrastants, voire exclusifs. Ils sont en réalité
complémentaires et mutuellement enrichissants. Il faut toujours envisager
chacun d’eux dans son intégration aux autres. La valeur du récent Synode a
été de nous avoir constamment invités à composer ces éléments, plutôt qu’à
les opposer entre eux, pour avoir la pleine compréhension de l’activité
évangélisatrice de l’Église ».

La « complexité de l’action évangélisatrice » concernant le troisième
millénaire avait déjà été abordée de manière explicite et détaillée dans le
Décret sur l’Activité missionnaire de l’Église Ad gentes au chapitre deux
intitulé : « L’œuvre missionnaire elle-même ». Car ce décret, d’une
cinquantaine pages environ, désigne essentiellement l’évangélisation des
nations qui ne connaissent pas encore le christianisme. L’action
évangélisatrice est précisément située dans le cadre de la mission ad
gentes. Les étapes et tous les éléments essentiels de l’évangélisation sont
décrits dans le contexte missionnaire de l’implantation de nouvelles Églises
particulières. Ainsi, dans l’œuvre missionnaire se déploie une série
d’étapes :
* le témoignage de la vie (n°11)
* la présence de charité (n°12)
* évangélisation et conversion (n°14)
* formation de la communauté chrétienne (n°15)
* établissement du clergé local.

Ce qui revient à dire que le summum de l’évangélisation consiste à déraciner
les gens de leur croyance, moyennant leur aide financière, pour aboutir à la
conversion totale, en faire de ces nouveaux convertis une communauté
chrétienne pour établir une église avec un clergé local !
Si les numéros 18-20 rappellent en quelque sorte le mandat missionnaire de
l’Église. Le numéro 18 situe clairement le but visé par cette action
évangélisatrice : le renouvellement de l’humanité par la conversion. C’est
pourquoi le numéro 19 précise jusqu’où va cette évangélisation. Il ne s’agit
pas seulement d’étendre géographiquement l’Évangile de la Bonne Nouvelle
mais surtout de l’insérer dans toutes les sphères de l’activité humaine pour
arriver à la conversion totale de l’individu. Et le numéro 20 d’insister sur
la nécessaire évangélisation des cultures.

Il est clair que le changement d’attitude de l’Institution vaticane est
catégorique : après avoir vécu en autodéfense depuis son appropriation des
rênes de la gouverne, au IVe siècle, l’Église, depuis Vatican II, depuis ce
premier Concile agressif et provocateur à la fois, semble ne plus avoir peur
: elle est entrée en dialogue, tous azimuts avec le monde pour lui imposer
l’évangélisation en créant d’abord une ‘‘Congrégation pour l’évangélisation
des peuples’’ en 1965, et au mois de juin 2010 un nouveau ‘‘Conseil
pontifical pour la nouvelle évangélisation’’, ce qui est fort rare de créer
de nouveaux ministères pour consolider la présence ecclésiale dans une
société qui l’a déjà rejetée, en renforçant la symbolique missionnaire de
l’Église.

Ce n’est donc plus seulement les musulmans ou les croyances asiatiques qui
sont concernés ou à éradiquer, mais effectivement tout le monde doit y
passer : Benoît XVI organise la « nouvelle évangélisation » et crée un
nouveau dicastère dans son gouvernement, visant à promouvoir une
évangélisation renouvelée dans les pays de vieille tradition chrétienne.
Pour Benoît XVI, «l’éclipse du sens de Dieu » dans les pays de tradition
chrétienne est le défi majeur de ce début de troisième millénaire. D’où
cette annonce, lors des vêpres du lundi 28 juin à Saint-Paul-hors-les-Murs,
de la création de ce nouveau Conseil pontifical dont la feuille de route est
ainsi tracée : « Promouvoir une évangélisation renouvelée dans les pays où a
déjà résonné la première annonce de la foi et où sont présentes des Églises
d’antique fondation, mais qui vivent une sécularisation progressive de la
société et une sorte d’“éclipse du sens de Dieu”, qui constitue un défi à
relever par des moyens adéquats pour proposer à nouveau la vérité éternelle
de l’Évangile du Christ. » D’ailleurs Paul VI avait déjà mis le doigt sur la
vraie tare en affirmant que « la rupture entre Evangile et culture est sans
doute le drame de notre époque, comme ce fut aussi celui d’autres époques »
(n. 20).

À l’issue de ces six dernier mois de crise avec les différentes affaires de
pédophilie qui ont déstabilisé et éprouvé à juste titre les catholiques et
la hiérarchie ecclésiale, les décisions que vient de prendre Benoît XVI à
propos du gouvernement et de l'orientation pastorale de l'Église universelle
sont lourdes de sens, car il ne s’agit plus seulement de déraciner les
musulmans de leur croyance, d’éliminer l’Islam, en mettant en pratique le
décret de Vatican II d’évangéliser le monde, mais aussi de faire revenir les
chrétiens qui quittèrent leur foi, et pour cause, à ce même christianisme
qu’ils ont fui.

Avec la création d’une Congrégation pour la Nouvelle évangélisation, Benoît
XVI donne suite aux invocations de Jean-Paul II qui, en 1980, au Bourget,
demandait à la France de se souvenir de son Baptême, et en novembre 1982, à
Compostelle, appelait l’Europe à retrouver ses racines chrétiennes, mettant
en pratique les différents textes des Constitutions, des Déclarations ou des
Décrets de Vatican II concernant la christianisation du monde, car selon ces
prélats, la culture occidentale actuelle menace d’érosion les fondements
même de la foi chrétienne et de la vie des adeptes, à quoi s’ajoute le
phénomène des distants, de l’incroyance toujours plus répandue parmi les
adeptes, l’éloignement de la foi pour une grande majorité ainsi que
l’augmentation des non pratiquants et la perte des valeurs éthiques.
D’ailleurs Paul VI, dans son encyclique, avait précisé : « Ce qui est
important, c’est d’évangéliser – non pas d’une manière superficielle, comme
un vernis, mais vraiment en profondeur et jusqu’aux racines même de la
culture et des cultures de l’homme ». C'est-à-dire en extirpant les gens, en
les déracinant vraiment et foncièrement de leur foi pour leur ingurgiter le
christianisme vaticanais.

C’est la raison pour laquelle la nouvelle évangélisation a été définie dans
les innombrables textes qui traitent du thème, comme devant être : l’annonce
explicite de Jésus-Christ comme Bonne Nouvelle de Dieu pour l’homme, comme
sauveur et Rédempteur de l’humanité, i-e de tout l’homme et de tous les
hommes. Cela suppose aussi l’annonce du Royaume de Dieu, le cœur du message
de Jésus offert à l’homme comme don et comme tâche. Cela suppose encore la
proclamation de la Mort et de la Résurrection du Christ comme le sceau et le
signe ultime de l’Alliance. Est-il lieu d’ajouter ici que la Rédemption de
Jésus ne tient sur aucun document valable, que le Royaume de Dieu jésus n’a
fait que l’annoncer comme étant sur le point de se réaliser de son vivant,
et jusqu’à présent, après deux mille ans d’attente, ce Royaume se laisse
encore attendre, et que la Résurrection de Jésus n’est que pure fiction car
personne ne l’a vue (cf. les quatre versions des évangiles)… ?!

Pour mettre en pratique toute cette programmation basée sur des mensonges et
des contrefaçons variés, les textes concernant l’évangélisation précisent
que :
* la nouvelle évangélisation doit se réaliser à partir de la pauvreté comme
base sociale ;
* l’évangélisation est la responsabilité de tout le peuple de Dieu ;
* toute la communauté chrétienne en est responsable ;
* faire face au défi qui se présente par l’acculturation et l’inculturation
;
* l’acculturation de la foi comporte une reformulation de la Bonne Nouvelle
de l’évangile, i-e traduire dans le langage de chaque lieu le don offert ;
* l’inculturation suppose que la foi a été accueillie par ceux qui ont reçu
l’annonce dans leur propre culture, leur expérience de vie, leur situation
existentielle. C’est l’incarnation de l’Evangile dans les différentes
cultures.

Peut-on imaginer une planification plus machiavélique, un complot plus
raciste, plus meurtrier ou plus altruicide ? Car déraciner
intentionnellement un être de sa foi, de sa pensée, de sa culture, de sa
formation et de ses racines traditionnelles, équivaut à un acte de décès
qu’on lui impose, et non seulement à un simple lavage de cerveau !

Au lieu d’envisager et de scruter ses problèmes théologiques,
ecclésiastiques, ou l’érosion des fondements même de la foi chrétienne, le
phénomène des distants, la fuite surnommée ‘‘l’hémorragie silencieuse’’ des
adeptes et des prêtres, l’incroyance toujours plus répandue parmi les
adeptes, l’éloignement de la foi et l’augmentation des non pratiquants, la
perte des valeurs éthiques, pour ne rien dire des gros problèmes qui
gangrènent le corps de cette vieille Institution, à ne citer qu’abus sexuels
et malversations… Au lieu de remédier à cette ahurissante cascade
dévastatrice, le Vatican, voyant le tapis se retirer d’en dessous de ses
pieds, réagit avec la même mentalité d’un impérialiste colonisateur pour
maintenir son statut, quitte à éradiquer des peuples comme il l’a déjà fait
le long de sa triste histoire à travers les siècles ! Car ce qui advint en
fait, fut toujours un conflit et un rapport de destruction de l’altérité, la
catéchèse étant incorporée au projet colonial, aux troupes coloniales. Même
de nos jours, l’entrée en scène des évangélisateurs en Iraq n’est pas encore
oubliée… L’évangélisation ne se mène jamais dans le cadre d’un dialogue
interculturel, tel qu’on le prétend, mais désigne en fait l’introduction
d’un modèle préconstitué du christianisme, d’une culture chrétienne,
introduite au nom de Dieu sur toute la terre. Alors qu’en vérité Dieu n’a
rien à voir avec ces balivernes qu’Il Dénonça nettement dans le Qur’ân.

Il est étonnant de voir qu’au lieu de réaliser combien le monde a changé,
surtout depuis l’ère de l’imprimerie et son expansion, jusqu’aux toutes
récentes découvertes du vingtième siècle, à ne citer que le codex
Sinaiticus, qui révèle plus de 14000 contradictions avec les textes des
évangiles actuels, et les travaux de recherche qui prouvent
incontestablement que tout cet édifice vaticanais est construit sur une base
toute formée de contrefaçons, de manipulations, de forgeries, de textes
inventés, de mensonges superposés, et qu’il n’y a surtout rien comme
références sur la vie de Jésus et la formation du christianisme que seuls
les textes que l’Église a voulu imposer ! Au lieu de voir les vraies raisons
qui causent sa perte, ou au lieu de s’excuser à ses adeptes et au monde pour
ce tas incontournable de faussetés et d’abus, le Vatican se lance, tel un
condamné, affolé par sa propre perte, à l’évangélisation du monde sous
l’emblème de la Nouvelle Évangélisation.

Le pape ne se rend-il pas compte qu’en imposant la participation de tous les
chrétiens du monde à l’évangélisation, qu’il impose en même temps la
traîtrise aux minorités chrétiennes et aux églises locales, dans les pays à
majorité musulmane ? En créant des traitres par rapport à leurs
compatriotes, et des traitres face aux dirigeants de ces pays, puisque leur
allégeance se trouve devant être au Vatican et non au pays où ils vivent, ne
mène-t-il pas ses adeptes à une vraie catastrophe, à de vraies guerres de
religions ?!
N’est-il pas temps que cette Institution impérialiste et colonisatrice à la
foi, se débarrasse de son obsession tenace d’évangéliser le monde, qui mène
la Terre foncièrement à la dérive, et laisser les peuples vivre en paix ?!

Zeinab Abdelaziz
Août 2010


http://saaid.net/daeyat/zainab/039.doc



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